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Fonctionnement



LE COMITE NATIONAL DES ASSISES PERMANENTES DU SPORT

de 1991 à 2000

 
 
 

Le mouvement des Assises Nationales du Sport est né de réflexions menées à partir de 88 au sein de l’Université Sportive d’Eté, organisée conjointement par l’Union Nationale des Clubs Universitaires et l’Union Syndicale des Journalistes Sportifs de France, et par la Fédération Nationale des Offices Municipaux du Sport qui voulait mettre en place des Etats Généraux du Sport.

 
 

Le fonctionnement original des A.N.S.

 

Les A.N.S ne sont pas une organisation structurée selon le mode habituel. A quoi se référer pour repérer ce qui fait la différence ?

 

1.      Le mouvement des A.N.S est une association de fait, c’est-à-dire qu’elle existe simplement par la volonté de ceux qui se réunissent pour agir ensemble, à partir de leur motivation, en décidant de ce qu’ils vont faire.

 

2.     Le fonctionnement mis en place dès la naissance du mouvement, en conformité avec la volonté de travailler dans la diversité, le respect des différences et sur un mode indépendant, a privilégié le principe du contrat moral entre tous ceux qui s’associaient à égalité, pour faire quelque chose.

 

Il n’y a donc pas eu de mise en place d’une organisation avec des statuts et des adhérents élisant les responsables.

 

Dès le départ, a été évité tout ce qui pouvait conduire à créer une organisation de plus, avec des fonctions représentatives, se référant au principe de la délégation de pouvoir et de la séparation des niveaux de responsabilité. Tout s’est organisé à partir d’une reconnaissance mutuelle faisant appel à des volontaires. Chacun participe, à partir de sa propre volonté, au sein d’un travail d’équipe.

 

La différence entre une organisation classique, avec son système de règles, ses statuts, son assemblée générale, l’élection de ses responsables et une forme de fonctionnement qui repose sur une « auto-organisation » entre ses membres, peut être résumée ainsi :

 

-         Dans le premier cas, «l’organisation» a une existence en propre. Elle «organise l’activité des individus qui agissent en fonction d’un cadre auquel ils «adhèrent»,

 

-         Dans le deuxième cas, les individus «s’organisent» à leur façon, dans une organisation aux formes très légères (un lieu de réunion, des rendez-vous).

 

 

Le statut d’association de fait, où l’on s’auto organise, constitue le socle des A.N.S.

 

Il en découle des conditions particulières à réunir pour stimuler le besoin de s’auto organiser, sans être placé devant des contraintes à respecter autres que celles que l’on décide (exemple : organiser un rassemblement).

 

Néanmoins, pour pouvoir entrer en relation avec l’Etat et les formes juridiques de reconnaissance des associations, il a été convenu de créer une association déclarée et constituée par le collectif de pilotage.

 

Cette association, émanant du Comité des A.N.S. (le regroupement de tous), est composée de 9 à 12 volontaires :

 

-         déterminés, chacun, à assurer une partie des tâches fixées à l’association,

-         chacun s’engageant à œuvrer individuellement dans l’esprit du contrat moral et des principes qui ont fondé le mouvement,

-         chacun dispose des mêmes pouvoirs,

-         tous les membres sont solidairement responsables des décisions prises.

 

Ce mode de fonctionnement, qui comporte un niveau très informel (l’association de fait) et un niveau faiblement réglementé (l’association déclarée et limitée au collectif de pilotage), a permis, au cours des huit années écoulées, d’assurer la vie des A.N.S. et d’en faire un espace original, reconnu, émanant du milieu sportif et pratiquant une forme d’associativité reposant sur un contrat moral ; ceci pour travailler ensemble, au-delà de nos institutions respectives.

 

Il semble donc nécessaire au mouvement des A.N.S., périodiquement :

 

1.      De procéder ensemble à une évaluation de ce fonctionnement pour remettre en place, si besoin est, les principes qui les fondent.

 

2.      De chercher à développer des formes susceptibles de stimuler le besoin de s’auto organiser, d’assumer des responsabilités, de prendre en charge une part du travail.

 

A quoi servent au juste les A.N.S., quelle est leur utilité ?

 

Pour l’essentiel, l’activité des A.N.S. a consisté à organiser des rassemblements (Montpellier, Strasbourg, Lille, Lyon), des séminaires, des journées de travail, à publier une Lettre A.N.S., à rédiger des textes (manifestes), des dossiers (les actes des A.N.S.), à travailler particulièrement certains thèmes (exemple : la concertation, le bénévolat, l’utilité des lois, etc.), à solliciter des contributions des témoignages, à susciter des initiatives (assises locales), à mettre en relation des connaissances (sociologues, économistes, philosophes, etc.) avec l’expérience des acteurs de terrain.

 

 

Au total, c’est d’abord une activité de production d’idées, de réflexions, d’analyses.

 

 

 

C’est ensuite une activité de mise en relation, de rencontre, de discussion pour favoriser les approches transversales, décloisonner les rapports institutionnels séparés et compartimentés, stimuler une façon de penser le sport, encourager la reconnaissance mutuelle des différences en évitant les tutelles, les hiérarchies, les pouvoirs.

 

Les effets des rassemblements sont à évaluer au niveau des individus participants et des organisations. Est-ce que ces rassemblements, ces séminaires, ces journées de travail permettent de porter un autre regard sur ce que l’on perçoit habituellement ?

 

Il s’agit d’effets difficiles à identifier de l’extérieur. Cela touche aux mentalités, aux représentations.

 

Des effets découlent des idées produites et diffusées. Prenons quelques exemples.

 

Le premier manifeste (annexe 1) rédigé à l’issue d’un séminaire, en novembre 1992, un an après Montpellier, met en avant plusieurs constats

 

«Le système fédéral associatif sur lequel repose théoriquement le sport français, tend à n’occuper qu’une partie de plus en plus étroite de la société sportive, tandis que se développent, en dehors de lui, des logiques divergentes :

 

-         haut niveau hyper professionnalisé

-         activités de loisir et de liberté

-         pratiques sportives organisées aux fins d’insertion sociale.

 

Cette crise du mouvement sportif traditionnel revêt d’autant plus d’acuité qu’elle est aggravée par une évolution encore plus rapide dans certains pays étrangers et sur le plan des organisations internationales».

 

Ces idées écrites, il y a sept ans, sont-elles aujourd’hui dépassées ? Ne faut-il pas plutôt considérer qu’elles exprimaient, avec anticipation, des phénomènes en extension aujourd’hui ?

 

Le rassemblement A.N.S. de Montpellier en 1991, puis

 

Le rassemblement A.N.S. de Strasbourg, en 1994, avaient mis l’accent sur la nécessité de lutter contre les dérives dans le sport («Assistances à sport en danger» était le thème de Strasbourg),

 

Des initiatives prises en 1995 par les pouvoirs publics et le CNOSF pour défendre une éthique dans le sport, ont justifié et confirmé l’importance des travaux des A.N.S. qui avaient déclenché l’alarme.

 

Le 2ème manifeste (annexe 2), rédigé en avril 1997 pour alerter sur l’importance prise par plusieurs questions, met l’accent, notamment sur la nécessité :

 

-         d’agir pour la reconnaissance de l’utilité sociale du bénévolat

-         de redonner aux missions de service public dans le sport, une importance nouvelle

-         de mettre en place, à tous les niveaux, des structures transversales de concertation réunissant tous les partenaires pour que les besoins de la société soient pris en compte et influencent les décisions.

 

Aujourd’hui, les travaux en cours pour l’élaboration d’une nouvelle loi, reprennent certaines de ces idées qui, en 1995-1996, étaient encore peu évoquées (notamment l’idée de revaloriser les missions de service public).

 

Pour produire ces idées, des journées de travail, des séminaires ont été organisés, notamment :

 

-         en 1995, pour «mettre en relation économie et culture»,

 

-         en 1996, pour réfléchir à ce qui fait la «spécificité française dans le domaine des APS»,

 

 

Après le rassemblement des A.N.S. de Lille, sur «Sport et société : quelle cohérence ?» en novembre 1998,

 

Le 3ème manifeste (annexe 3) a été réalisé en mai 1999. Il est le fruit d’une discussion prolongée entre les membres du collectif de pilotage. Depuis leur naissance, les A.N.S. expriment le besoin de concertation. Ce 3ème manifeste réaffirme la nécessité de mettre en place, à tous les niveaux, de structures adaptées pour passer de la consultation à la concertation.

 

-         Mise en place des « correspondants locaux » des A.N.S.

 

-         Le 24 novembre 1998, une séquence avait pour thème «Le dopage et la société» (quelle cohérence pour l’action antidopage). Michel RIEU (médecin) et Lucien SEVE (philosophe) ont apporté leur contribution.

 

-         Après la Journée du 23 janvier 1999 («après Lille, comment continuer ? »), fonctionnement d’ateliers  et groupes de réflexion : « le projet d’une nouvelle loi pour le développement et la démocratisation des APS, quels services publics, quelle concertation ? », « EPS ? APS, sport : le projet de loi à un tournant… », « les ANS et l’Europe du sport », « à propos de concertation et du projet de CNAPS (article 11 de l’avant projet de loi) »…

 

-         Assises nationales de la vie associative (20 - 21 février 1999). Les A.N.S. ont participé.

 

-         Rencontre nationale les 19 et 20 novembre 1999 à Lille. Objectif : procéder à un approfondissement collectif de questions d’actualité en partant du thème : Nouvelle loi et perspectives : Reconnaissance, formation, qualification des animateurs et éducateurs sportifs bénévoles et professionnels, Concertation Pouvoir Publics / mouvement associatifs et CNAPS (Conseil National des Activités Physiques et Sportives), Contexte européen et évolution des APS. Une séquence se déroule avec des parlementaires.

 

 

 

 

2000 a préparé et construit le 4ème Rassemblement des A.N.S. « ouvertes au contexte européen », à Lyon, novembre. 4 « espaces de discussions » :

 

. sport et éducation,

. sport et santé,

. sport et spectacle,

. sport et pratiques associatives

 

ont travaillé avec pour objectif, dans la continuité des précédents rassemblements (Montpellier, Strasbourg, Lille), d’élaborer des propositions en direction de l’Union européenne concernant les problèmes qui préoccupent les A.N.S. :

 

. un projet sportif ouvert à toutes les pratiques,

. la promotion du sport non commercial,

. l’éducation à la santé par le sport,

. la reconnaissance sociale du bénévolat,

. l’importance de la vie associative,

. les formations et qualifications adaptées aux besoins des professionnels et des

 bénévoles,

. le rôle éducatif du spectacle sportif…

 ANNEXE 1

 

La Lettre des A.N.S. n° 1 (février 1993)

 

Pluralisme – Indépendance - Ouverture

 

 

Un an après Montpellier, le comité d’organisation des A.N.S. réuni en colloque à Marly le Roi (10 et 11 novembre 1992) a pris trois décisions :

 

1.      Rédiger un «Manifeste» qui constitue un engagement et un programme pour tous ceux qui y adhèrent (ou y souscrivent).

2.      Etendre les «Assises», les régionaliser ou les localiser, là et partout ou le besoin s’en exprime.

3. Transformer le Comité d’Organisation des A.N.S. en Comité National d’Assises Permanentes du Sport (CNAPS) :

- pour poursuivre la réflexion de différents carrefours et abouter à des  propositions,

- pour établir une concertation et une communication permanentes par l’intermédiaire de « LA LETTRE, entre autres d’où la nécessité de s’y abonner»…

 

 

1er Manifeste

 

 

Tout ce qui adhère au sport mérite

d’être partie prenante du sport

 

 

 

Le sport n'a jamais paru aussi fragile que depuis qu'il est aussi fort.

 

Plus il agrandit le cercle de ses adeptes, multiplie ses sources de financement, diversifie ses apparences et investit les moyens d'information et de communication, plus son image devient incertaine et aléatoire. Comme si le développement démesuré et anarchique des pratiques sportives entraînait une détérioration de leur identité et même menaçait les valeurs humaines qu'elles sont censées détenir.

 

Deuxième constatation, liée à la première : le système fédéral associatif, sur lequel repose théoriquement le sport français a de plus en plus de difficultés malgré ses efforts d’adaptation, à englober la “ société sportive ” tandis que se développent à côté de lui des logiques divergentes :

 

        • haut niveau hyper professionnalisé, sur lequel pèsent avec de plus en plus d'insistance les pouvoirs publics, économiques ou médiatiques ;

 

        • activités de loisir et de liberté (y compris celles qui s'épanouissent dans un cadre associatif sans lien avec le mouvement sportif) ;

 

        • pratiques sportives organisées aux fins d'insertion sociale, de lutte contre la toxicomanie, d'éducation spécialisée, etc.

                                                                                                      

        

Cette crise du mouvement sportif traditionnel revêt d'autant plus d'acuité qu'elle est aggravée par une évolution encore plus rapide dans certains pays étrangers et sur le plan des organisations internationales.

 

Troisième constatation : les dirigeants, les éducateurs et les animateurs du sport de base (qu'ils agissent à l'intérieur ou en dehors du système fédéral), ainsi que les responsables d'associations de jeunesse et d'éducation populaire, se trouvent confrontés à des problèmes de plus en plus préoccupants et ont de surcroît l'impression qu'ils se trouvent que rarement en position d'interlocuteurs et encore moins de participants dans la conduite du sport. Trop souvent privés de moyens et de parole, ils observent avec inquiétude une évolution qu'ils ne contrôlent pas suffisamment.

 

Des débats déjà tenus et des travaux déjà entamés, se sont dégagés des principes auxquels le mouvement permanent des ANS a décidé de donner crédit :

 

         1) Le sport est une activité humaine intégrée à la société dont elle est issue, mais qui possède en propre une logique et des valeurs sans lesquelles elle perdrait sa crédibilité et ses vertus éducatives et culturelles. Cette éthique du sport, qu'on évoque trop souvent sans en avoir perçu la spécificité et la nécessité, doit être objet de recherche et matière d'enseignement. Elle doit également être protégée, voire prescrite, partout où elle apparaît menacée.

 

         2) Cette conception globale du sport doit s’accompagner de la quête permanente d’une réponse à la question : à qui appartient le sport ? C’est pourquoi le pouvoir des fédérations doit non seulement continuer à s’exercer, mais s’étendre. Les fédérations doivent envisager une restructuration fondamentale permettant de maintenir une cohérence et de donner un sens au sport dans toute sa diversité.

 

         3) L'argent peut corrompre le sport et lui faire en même temps cruellement défaut. C'est donc essentiellement un problème de bon usage et de répartition. Mais c'est aussi un problème de transparence et de volonté politique. L'engagement financier indispensable de l'Etat sous ses différentes formes, gage d'équité et de reconnaissance, ainsi que les ressources produites par l'activité sportive elle-même, doivent impérativement servir le sport. Il est urgent que toutes ces questions soient appréhendées, en tenant compte des besoins de chacun et des débordements de quelques-uns.

 

         4) Rien finalement ne sera réalisé en dehors d'une concertation courageuse de tous ceux qui contribuent à l'épanouissement des hommes à travers ces activités physiques et sportives. Des organes d'échanges et de propositions doivent être envisagés, là encore, au plus haut niveau, mais aussi dans les quartiers, les communes, les départements et les régions.

 

TOUT CE QUI ADHERE AU SPORT MERITE D’ETRE PARTIE PRENANTE DU SPORT

 

 

 

Février 1993

 

 

 

 

ANNEXE 2

 

La Lettre des A.N.S. – Avril 1997

 

2ème MANIFESTE

 

 

Un an après le rassemblement de Montpellier, en novembre 1991, les «Assises Nationales du Sport» ont élaboré un premier manifeste.

 

A la lumière des travaux menés depuis le rassemblement de Strasbourg en 1994, il est apparu nécessaire de rédiger un 2ème manifeste pour alerter sur l’importance prise par plusieurs questions.

 

1.      L’évolution sportive se poursuit dans le sens d’une tension entre «logique économique» et «logique éducative», au détriment de cette dernière. Il en découle un affaiblissement continu des valeurs humaines dans le sport. Les principes qui les fondent et la Charte Olympique ne sont plus perçus comme des référents essentiels. Il est nécessaire de promouvoir une éducation dans le cadre d’une culture sportive universelle.

 

2.      Les facteurs qui poussent dans le sens de la commercialisation et de la privatisation, continuent d’entraîner le sport dans une voie s’écartant des missions de service public répondant aux besoins d’éducation, de santé, de bien-être et de culture de la population. Des mesures législatives et budgétaires sont nécessaires pour équilibrer les rapports entre les formes commerciales et éducatives du sport.

 

3.      Actuellement, dans l’Union Européenne, il manque une position politique claire fondée sur les finalités humaines du sport. Cela conduit à prendre des décisions d’ordre économique ou juridique, en contradiction avec la logique sociale et éducative du sport.

Il est urgent d’équilibrer, dans la construction de la politique européenne, la prise en considération des différentes finalités : celle du profit et celle du sport à but non-lucratif.

 

4.      Le chantier législatif ouvert en France pour mettre au point une nouvelle loi sur le sport, apportera-t-il des garanties suffisantes pour maîtriser les équilibres entre économie et éducation dans le sport ?

 

Le bénévolat, la reconnaissance de son utilité sociale, le financement du sport éducatif, les missions de service public, ne sont, à l’évidence, pas suffisamment pris en compte dans les projets en cours.

 

5.      Les Assises Nationales du Sport se sont particulièrement préoccupées du vide ressenti par les acteurs de terrain concernant la façon de les associer à des réflexions prenant en compte leur expérience. Le déficit de concertation reste important à tous les échelons de la Société sportive dans ses rapports avec les autres pouvoirs(politiques, économiques, médiatiques, juridiques).

 

Une structure transversale réunissant, à chaque niveau, tous les partenaires (Etat, collectivités territoriales, mouvement sportif, associations et organismes divers participant au développement des pratiques) reste à concrétiser pour que les besoins de la société civile soient pris en compte et influencent l’élaboration des orientations et des décisions.

 

POURQUOI UN DEUXIEME MANIFESTE ?

 

Le premier manifeste (1) avait mis en évidence plusieurs constats :

 

-         Le système fédéral associatif tend à n’occuper qu’une partie du champ de «la Société sportive», tandis que se développent, en dehors de lui, des logiques divergentes.

 

-         Les dirigeants, les éducateurs, les animateurs du sport de base se trouvent confrontés à des problèmes de plus en plus préoccupants et ont, de surcroît, l’impression qu’ils ne se trouvent jamais en position d’interlocuteurs et encore moins d’acteurs dans la conduite du sport.

 

-         Les collectivités territoriales, sur lesquelles reposent de plus en plus les financements, disposent de ressources inégales et n’ont pas la même vision de l’intérêt que présente l’activité sportive pour la santé et le développement des individus.

 

Partant de ces constats et désireux d’explorer de manière transversale les problèmes que pose l’avenir du sport, des Assises locales et nationales ont alors rassemblé, dans un esprit de pluralisme, d’indépendance et d’ouverture, ceux que la situation préoccupe.

 

De ces débats, se sont dégagés les principes qui orientent aujourd’hui le mouvement des A.N.S. :

 

1.     Le sport est une activité humaine intégrée dans la Société dont elle est issue. Il possède une logique et des valeurs propres sans lesquelles il perdrait sa crédibilité et ses vertus éducatives et culturelles.

 

2.     Cette conception globale du sport dans sa diversité s’accompagne de l’affirmation et de l’exigence de son unité.

 

3.     L’argent peut corrompre le sport et lui faire cruellement défaut.

 

4.     Rien, finalement, ne sera réalisé en dehors d’une concertation courageuse entre tous les acteurs et partenaires du sport.

 

Depuis le rassemblement de novembre 1991 à Montpellier, sans prendre la place de qui que ce soit, et en restant ouvertes à tous, les Assises Nationales du Sport ont constitué le lieu de dialogue et de concertation qui manquait à beaucoup.

 

Le constat de l’affaiblissement des valeurs, de la pression de l’argent, des phénomènes de corruption et la tendance au désengagement de la responsabilité publique assumée par l’Etat, a conduit à mettre l’accent sur l’idée que, même si tout ne va pas mal, «le sport est aujourd’hui en danger».

 

Les initiatives prises depuis 1991, sous l’égide des A.N.S., ont découlé de cette prise de conscience et ont pour objet la défense des valeurs, la mise en avant de l’éthique dans les comportements à tous les niveaux, pour maîtriser les rapports sport/argent.

 

Des actions engagées en 1995 par les Pouvoirs Publics, le CNOSF, le Ministère de la Jeunesse et des Sports et d’autres, ont donné à cette prise de conscience un soutien particulier.

 

Mais l’évolution sportive et de la Société, dans le sens d’une tension entre «logique économique» et «logique éducative», s’accentue au détriment de cette dernière.

 

Il semble donc utile de faire à nouveau le point, de mesurer le chemin parcouru et de réfléchir aux efforts à entreprendre pour la promotion de l’humanisme dans le sport et la sauvegarde des valeurs de l’olympisme à l’aube du 21e siècle.

 

(1) Document élaboré à l’occasion d’un séminaire, en novembre 1992.

 ANNEXE 3

 

La Lettre des A.N.S. – Mai 1999

 

TROISIEME MANIFESTE

 

Lille : à la recherche des cohérences entre sport et société

 

 

Les Assises Nationales du Sport, mouvement pluraliste, indépendant, ouvert sans ostracisme à tous courants et militants des activités physiques et sportives (donc, à ce titre, atypique, inclassables et pourtant reconnaissable et reconnu) ont tenu leur troisième rassemblement à Lille les 12, 13, 14 novembre 1998.

 

Elles ont réuni près de 600 participants : dirigeants du mouvement sportif (fédérations, ligues, CROS, CDOS, clubs) responsables d’OMS ou de collectivités locales, éducateurs, enseignants d’EPS, universitaires, sociologues, philosophes, médecins, journalistes.

 

A partir du thème général «Sport et Société : quelle cohérence ?», les débats, exposés et témoignages ont fait l’objet en 3 jours de : 12 ateliers, 21 carrefours, 5 tables rondes ou séances plénières auxquelles ont participé Marie-George BUFFET (Ministre Jeunesse et Sports), Michel DELEBARRE (Conseil Régional Nord-Pas-de-Calais), Aimé JACQUET (D.T.N.-Football), Roger BAMBUCK (ancien Ministre), Denis MASSEGLIA (CNOSF), Philippe LAMBLIN (Président de la Fédération Française d’Athlétisme), Wladimir ANDREFF (économiste), Jean-Paul CALLEDE et Catherine LOUVEAU (sociologues), Yves VARGAS (philosophe), Pierre ARNAUD (historien), XAVIER ALLOUIS et Jean-Jacques BOZONNET (journalistes) et Pierre COLLOMB (professeur d’économie à l’Université de Nice et Vice-Président de la Fédération Française de Basket).

 

Après étude et réflexion sur tous ces travaux, le comité de pilotage des A.N.S. a rédigé le 3e manifeste depuis la création du mouvement.

 

·         Rappelant les alertes déjà formulées lors des rassemblements de MONTPELLIER (1991) et STRASBOURG (1994) il est constaté que le sport, hier simplement menacé, est aujourd’hui atteint de plein fouet par de véritables agressions externes et déviances internes (argent, dopage, violence, corruption) qui rongent ses vertus fondamentales.

 

Cette situation, qui place la culture sportive en réel danger, appelle à une mobilisation de tous ses acteurs, de ses institutions, de son environnement et de l’Etat.

 

·         Les Assises de Lille ont traduit une volonté d’un public homogène, bien que divers, formé de ceux et de celles qui ont un rapport non commercial avec le sport, et qui se placent dans une approche transversale de la réalité, pour exprimer ces trois idées-forces :

 

 

 

Comprendre l’évolution du sport, l’appréhender, ne pas se laisser entraîner par ses conséquences et ses exigences, ne pas céder aux débordements de la puissance économique, soutenue et relayée par la puissance médiatique, qui s’entendent l’une et l’autre pour adapter le sport spectacle à leurs intérêts.

 

-         Développer les facteurs garantissant la cohésion entre les différentes formes de culture sportive, prenant en compte tous les genres et toutes les pratiques physiques et sportives (haute performance, sport pour tous, sport loisir ou de santé) sans les opposer.

 

-         Repérer les incohérences du système pour rechercher au contraire plus de cohérence entre sport marchand et sport non marchand, entre EPS, sport scolaire et pratiques extra-scolaires, entre responsabilités indispensables des bénévoles et missions confiées à des cadres salariés, entre la spécificité et l’identité d’un sport national et le phénomène de mondialisation, sans ignorer les nouvelles règles, au jour d’aujourd’hui commerciales, mais qui auront une incidence sportive, fixées par l’Europe, ceci pour construire une cohérence.

 

·         Les Assises ont encore retenu et discuté :

 

-         Le manque de transparence de l’usage de l’argent dans le fonctionnement du sport, surtout lorsqu’il s’agit de l’argent du contribuable.

 

-         La disparité que ressentent les citoyens devant les budgets différents accordés à l a pratique sportive par les régions et les communes.

 

-         L’importance réaffirmée de l’EPS à l’école, et du sport scolaire et universitaire non intégré dans les horaires obligatoires.

 

-         L’urgence d’une réflexion sur l’efficacité, le coût, la transversalité des formations de filière sportive, et d’une recherche d’équivalence et de passerelles pour accéder à des métiers du sport très divers.

 

-         La nécessité que soient précisés, par la future loi sur le sport et les décrets d’application, les niveaux de qualification et les compétences requises, notamment relatives à l’intégrité de la personne et aux exigences éducatives et culturelles, de ces emplois.

 

-         Le déséquilibre de la médiatisation, excessive pour certains sports (obligatoirement les plus riches) et dramatiquement insuffisante pour d’autres, inévitablement les plus pauvres. Comment compenser la seule loi du marché médiatique ?

 

·         Les Assises ont mis en évidence, en invitant la Ministre des Sports à intervenir dans ses débats, la notion d’intérêt général que le sport porte en lui par son influence sur la santé, le social et la culture d’une nation. C’est dans cette logique que doit être défini, reconnu et officiellement soutenu le bénévolat, que les A.N.S. considèrent comme la base de la vie associative.

 

 

 

Ceci implique pour l’Etat la mise en place des moyens de formation et d’actualisation des connaissances pour renforcer les compétences de ces bénévoles et rechercher, dans l’intérêt général des pratiquants, la complémentarité avec les professionnels du service public d’Etat et des collectivités territoriales.

 

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